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Une commune qui a trop vite grandi Version imprimable Suggérer par mail
Waoundé, une commune rurale qui a trop vite grandi

Article publié par le Quotidien Sénégalais : "Le Soleil" le Samedi 10 Mai 2003.
Auteur : Aly Bandel NIANG
Source : http://www.lesoleil.sn/recherche/article.CFM?article
__id=26820&article__edition=9881
 
Fondée en 1227 par les Soninkés, Waoundé est devenue l’une des villes les plus importantes de la région en matière de démographie, d’infrastructures d’accueil etc.

Erigée en commune rurale depuis la réforme administrative et territoriale de 1996, cette ville est devenue aujourd’hui un grand centre urbain à l’image des grandes villes du pays. Avec des ressources financières propres, assurées par les fils de la localité, Waoundé est et demeure une commune-phare au niveau du département de Kanel.

Située au cœur du Dandé Maayo à plus de 7 kilomètres de la route nationale, Waoundé est depuis longtemps apparu comme la localité la plus importante de la zone. Avec sa population estimée à plus de 30.000 habitants, cette ville la plus vieille du Damga après Orkadiéré, fief du Satigui Soule Ndiaye, s’est très tôt frayé un chemin menant vers le développement harmonieux. De nombreuses infrastructures y ont été réalisées dont la plupart porte sur la signature des ressortissants du village.


En dehors d’une école primaire construite par le gouvernement du Sénégal, toutes les autres réalisations ont été faites par les fils de Waoundé. Regroupés au sein d’une association dite pour le développement de Waoundé, les gens de ce village qui ont quitté très tôt notre pays vers d’autres horizons à travers le monde, ont dès le début compris leur rôle à jouer pour sortir leur localité de l’anonymat. C’est ainsi qu’ils ont mis en place l’une des associations d’émigrés les plus anciennes de la région. A travers des cotisations mensuelles de tous les membres dont la plupart vivait en France, l’organisation est tout de suite arrivée à financer de nombreux projets au grand bonheur des populations. C’est ainsi qu’ils ont pu construire un bureau de poste, trois mosquées dont la plus grande a coûté plus de 150 millions de nos francs. Pour assurer une bonne éducation des enfants vivant au village, les émigrés ont ainsi réalisé un grand centre de formation professionnel polyvalent. Le seul aujourd’hui de toute la nouvelle région. Au côté de ces actions collectives, certains individus ont aussi beaucoup apporté à ce village l’un des plus enclavés de la zone. Sur cette liste, figure l’arabisant Sadio Cissé qui a eu à réaliser une grande mosquée, une école franco-arabe qui accueille aujourd’hui plus de cinq cents élèves, une maternité et un dispensaire dont l’équipement et les médicaments sont assurés par des émigrés ainsi que cent sept puits forés dans tous les quartiers de la localité.


Autant de réalisations qui ont attiré l’attention des autorités qui finissent par ériger ce village qui dépendait de la communauté rurale de Orkadiéré, en commune rurale. Sept années après cette création, Waoundé a fini de prouver bien sa raison d’être. Malgré les faibles ressources municipales dues à son enclavement, les nombreuses actions des fils de cette commune ont fait aujourd’hui de Waoundé la plus grande ville de la zone du Dandé Maayo. De nos jours, la municipalité dirigée par le maire Sadio Cissé est auteur de nombreuses réalisations tels que l’assainissement de la ville pour lutter contre l’envahissement des eaux de la pluie et de la crue, la construction d’une brigade de gendarmerie couvrant pratiquement aujourd’hui plus d’une dizaine de villages environnants.


A cela, s’ajoute la construction d’un hôtel de ville de cinquante millions de francs ainsi que la réalisation de nombreuses cantines marchandes, une manière d’accroître les recettes municipales. Partie avec quarante millions, la commune roule aujourd’hui avec plus de 100 millions de budget annuel. Sept ans passé à la tête de la nouvelle commune, le maire Sadio Cissé s’est dit très fier de l’évolution des choses dans sa ville : “Nous sommes tous fiers d’être Waoundanké. Contrairement aux autres localités du pays, nous n’avons pas attendu les pouvoirs publics pour notre développement. Autant d’actions qui font de notre ville la plus belle mais aussi la plus équipée du département, j’allais dire de la région. Le fait qui frappe le premier visiteur est le lotissement de la ville. Un budget de plus de 100 millions. Depuis plus de vingt ans, nos fils qui vivent à l’étranger ou dans des villes comme Dakar ou à St-Louis, ont tout de suite imposé l’ordre des habitations. C’est pourquoi au lendemain de l’érection de la commune, contrairement aux autres ce problème ne s’est pas posé” a indiqué le maire.

Malgré son ancienneté, Waoundé est une localité où les constructions en banco sont révolues. Comme nous l’a révélé le vieux M. Camara, “pourquoi dormir dans un bâtiment en banco alors qu’on a les moyens de vivre dans une maison en dure. Ici on ne retrouve le banco que chez quelques-uns par exemple au quartier des pêcheurs. Même pour les familles démunies, il arrive que tous les émigrés cotisent pendant une année pour financer la construction d’un bâtiment de trois à quatre chambres”.


L’autre particularité de Waoundé par rapport aux autres localités du Fouta se trouve aussi dans l’architecture des bâtiments longs de plus de soixante mètres. Au moment où l’insécurité alimentaire a fini de gagner la zone, les populations de Waoundé elles n’ont pas ce problème. Les mandats des émigrés couvrent largement les dépenses familiales durant toute une année. Des sources proches du bureau de poste de la ville, on estime le montant des envois des émigrés à plus de 120 millions de francs par mois. Ceci sans compter les mois pendant lesquels les retraités français touchent leur pension.


Dans cette ville où plus de soixante pour cent des jeunes détiennent la nationalité française, les femmes demeurent les véritables actrices locales. A travers leurs nombreuses organisations comme les clubs de solidarité, les groupements de promotion féminine, elles constituent un exemple dans les activités génératrices de revenus. Surtout dans le secteur de la culture maraîchère avec une importante production d’oignons, de bananes, de gombos entre autres. Ce dynamisme des femmes de Waoundé a fini de donner ses fruits. Depuis Ourossogui ou encore la capitale régionale, Matam, les gros poissons sont directement acheminés par les mareyeurs vers Waoundé. Le “Yaboye” est pratiquement inconnu sur place. Un commerce qui fait l’affaire des vendeuses qui font un bon chiffre d’affaires par jour.


Pour les jeunes de Waoundé, leur ville devait être érigé en capitale départementale pendant la régionalisation de Matam. “On s’est battu à fond, mais notre voix n’a pas été entendue. Mais véritablement, notre ville pouvait accueillir le préfet et ses services. Malgré tout cela, nous démontrons chaque année nos capacités tout en ne comptant que sur nos propres moyens”.

Malgré cette fierté des populations, l’enclavement de la ville constitue un grand casse-tête. Waoundé est inaccessible aux véhicules pendant une période de six mois dans l’année. Le pont qui a cédé depuis belle lurette n’a toujours pas été reconstruit ceci en dépit des nombreuses promesses faites par les hommes politiques du pays. Sur le plan de la communication, le téléphone pose aussi un grand problème. La totalité des chiffres impairs de la SONATEL a été épuisée saturant du coup le réseau. Sur ce, le chef de service de la SONATEL nous apprend que Waoundé disposera d’une CNE (Concentration numérique éloignée) à l’instar des autres villes comme Dakar, St-Louis, Touba, Mbour et autres. Selon le maire d’ailleurs plus de cinq cent demandes de branchements arrivent annuellement sur sa table. En ce qui concerne l’adduction de l’eau potable, le comité de gestion du forage ayant été réalisé dans le cadre de la coopération japonaise, qui fait un bénéfice de six millions par an, est entrain de mettre en place un projet d’installation de compteurs en remplacement des sommes forfaitaires fixées à chaque famille.


Au niveau de la municipalité, d’autres projets sont en cours de réalisations. Ceux-ci concernent la construction d’un marché, d’une gare routière ainsi que la réalisation d’une maison des femmes de la commune.


Aly Bandel NIANG

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