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Alors que se tarit l'aide du Nord, les émigrés transfèrent vers leurs familles des fonds chaque année plus importants: cette manne financière couvre les besoins quotidiens, mais contribue aussi au développement de régions déshéritées. Enquête dans un village sénégalais : Waoundé
C'est une minuscule baraque, en plein milieu du village. Au plafond, un ventilateur fatigué tente de faire oublier aux deux guichetiers la température extérieure frôlant 40 degrés. Le bureau de poste de Waoundé ne paie pas de mine, avec son comptoir en carrelage, ses chaises bancales et les deux masques africains accrochés au mur. Seule se dégage la couleur jaune du panonceau Western Union. La couleur de l'argent, dans ce petit bourg tranquille, en bordure du fleuve Sénégal, à 730 kilomètres de Dakar. Depuis que la société financière américaine y a ouvert un guichet, il y a environ cinq ans, c'est par ce dernier que transite chaque jour la majeure partie des ressources des 12 000 habitants. Les fonds envoyés par les émigrés installés en France, en Allemagne ou en Italie représentent souvent de petites sommes, qui, en s'additionnant, permettent de payer le riz, les médicaments ou les frais de scolarité. |
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